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Publié le par Guillermo G

La journée avait commencé étrangement. J'avais été réveillé par le bruit du téléphone qui vibrait frénétiquement sur la table de mon salon. J'avais passé, la veille, une bonne soirée, entre amis, au sortir du boulot. Quelques shooters et une bière, rien de bien méchant.

Ouvrir les yeux n'a pas été trop difficile. 

Et puis j'ai entendu ce qu'on avait à me dire. La compagne de mon oncle venait de décéder. Pour un réveil en fanfare, on ne pouvait pas faire plus funeste. J'ai accusé le coup sans trop de douleur. Beaucoup de surprise à vrai dire. J'avais mangé avec elle trois jours avant, et elle était en pleine forme. Ou tout du moins, pas pire que ce qu'elle avait été. Quelques soucis ça et là, comme toute personne de son âge, pas de quoi effrayer un docteur de campagne. 

J'ai continué ma journée sans trop de heurt. L'air de rien. Juste cette petite voix et son image qui de temps à autre revenaient à mon esprit.

J'ai paressé sur mon canapé une bonne partie de l'aprés-midi en découvrant les derniers épisodes de Desperate Housewives. 

Puis j'ai terminé en beauté. Un petit macdo pour se mettre en route et un spectacle assez extraordinaire. "La Chambre d'Isabella" de Jan Lauwers. J'avais gagné les places sur internet, une représentation exceptionnelle dans le cadre du printemps des comédiens à Montpellier. Un théâtre en plein air, très sympathique, sous le cri des cigalles et à deux reprises un peu perturbé par le survol de deux avions de ligne.

L'histoire est assez originale, Isabella est une jeune fille dont la mère adoptive est morte quand elle était enfant. Son père adoptif étant devenu ivrogne, et sentant bien qu'il ne peut plus assumer ce rôle et les secrets de famille qui hantent ses esprits, lui lègue une chambre en plein Paris emplie d'objets d'arts. Isabella pense alors avoir découvert l'identité de son vrai père. c'était sans compter sur la vie et son amas perpétuel de mensonges. Au delà du théâtre, la mise en scène laissait une place entière à la danse, au chant, à la découverte de l'art sous toute ses formes.

Je me dois de vous conseiller cette pièce si jamais vous avez l'occasion d'y assister.

Sauf que toutes ces histoires de famille, de secrets, de non-dits m'ont littéralement replongé dans ma matinèe peu glorieuse.

C'est vers une heure du matin que j'ai réalisé ce qu'on m'avait appris au petit matin. Je me suis mis à m'inquiéter pour ce qu'il allait se passer désormais. Je me suis rendu compte que le temps s'en allait plus vite que de coutume et que j'avançais de plus en plus dans cette phase de la vie où l'annonce des décès est quasi égale à l'annonce de nouvelle maternité ou paternité de nos amis. 

Je me suis mis à penser que vraiment parfois, les choses n'arrivaient pas au bon moment...

 


Publié dans C'est la vie...

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