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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 17:40
9h03 lundi matin.
 
Je ne suis ni en retard ni en avance pour partir travailler dans la joie et la bonne humeur (ou au moins faire semblant).
 
Mon rituel matinal est assez simple, je vais vous le livrer dans l'espoir obscur et secret qu'il vous intéresse même d'une manière infinitésimale.
 
Mon réveil sonne.
 
J'ouvre mes chakras.
 
Je veux dire par là que je me réveille de façon mentale mais pas physique, mes yeux restent inexorablement fermés, bien au courant qu'ils sont de la marge de 30 minutes que j'ai accordé à mon levé en réglant le radio-réveil la veille.
 
30 minutes plus tard (bon disons 35-40 le réveil n'étant pas chez moi une science exacte) j'obtiens des pourparlers avec mon corps qu'il se dresse nonchalamment afin de se diriger vers la cuisine et engloutir un petit déj' succinct.
 
En passant j'enfile le pantalon et le pull posés sur mon lit (en cas de nuit agité, jonchés sur le sol).
 
Je me verse une tasse de chocolat froid et j'attrape les madeleines dans mon placard. Je m'installe 5 minutes chrono, la radio en fonds sonore.
 
D'ailleurs parlons en de la radio.
 
J'aime écouter les infos le matin. Et j'aime depuis longtemps écouter Europe 1.
Mais ma fidélité me joue des tours.
Oui, parce que figurez-vous que le matin, quand je déjeune, je me tape la chronique de Nicolas Canteloup, et croyez-moi, il faut se le farcir. Aucune imitation ressemblante (limite quand il parle avec sa propre voix, c'est pas lui), des textes peu drôles, un humour très (trop) facile, bref un enfer pour mes oreilles.
 
Et pourtant, par fidélité, je ne me résigne toujours pas à changer de fréquence...
 
Pas assez vieux pour RTL, trop cultivé pour RMC (oui non mais soyons odieux quelques minutes, on peut pas donner la parole aux français le matin au réveil et en faire paroles d'évangile, moi je veux les infos, pas les discussions du café PMU du coin), trop con pour France quoique ce soit (Inter, Info choisissez).
 
Je suis bien obligé de rester sur Europe 1 et de me venger avec violence sur mes madeleines quand c'est l'heure de Canteloup.
 
Bref, je n'étais pas venu là pour vous parler de mes angoisses matinales.
 
 
Une fois le petit dej' avalé, direction la salle de bain. Ablutions en tout genre, et déjà je suis presque en retard.
 
J'attrape mon panier repas du midi, je me parfume, je mets mes écouteurs et je pars bosser.
 
A cet instant précis, on est d'accord, je n'entends plus grand chose du monde qui m'entoure,
et ça me va très bien, je ne parle pas le matin. Merci bien.
 
Et voilà t-il pas qu'aujourd'hui, 9h03 pétante, j'ouvre la porte de la cage d'escalier (ne jamais prendre l'ascenseur, je le répète encore une fois ici, on passe 3 ans de sa vie à attendre un ascenseur, vous avez rien de mieux à faire sérieux???) et BIM, je manque de renverser un jeune homme aussi pressé que moi, un pain au chocolat dans la bouche, les cheveux hérissés comme un Kev Adams passé au peigne fin (bon c'est à dire très ébouriffé, je ne sais pas si vous aviez capté l'ironie).
 
Moi et mes écouteurs étions bien embêtés mais enfin, on ne court pas dans les escaliers, premièrement. Et de deux, on ne mange pas son pain au chocolat en courant. Est ce que je cours avec mon mug et mes madeleines moi?
 
Vous imaginez un enfant qui taperait un sprint pour attraper le bus, un bol de céréales dans une main, trois tartines de confiture dans l'autre, et un verre de jus d'orange accroché aux lèvres?
 
Non mais sérieusement, personne ne lui a apprit à manger assis deux secondes. Surtout pour engloutir un pain au chocolat.
 
Du coup je ne me suis pas excusé, après tout, c'est lui qui passait derrière la porte, susceptible de s'ouvrir à tout moment, devinez pourquoi, parce que c'est une porte.
 
Une porte qui ne s'ouvre pas, ça s'appelle un mur.
 
Et j'ai continué mon chemin dans les escaliers, sans courir, parce que si on se met à courir pour aller travailler, alors vraiment, on a atteint un palier irréversible dans sa vie...
 
Mais j'ai un peu pensé à ce mec qui sortait je ne sais d'où (oui ça marche aussi dans ce sens là), avec ses vieux cheveux rebelles. Je me suis dit que c'était peut-être le petit ami de la folle du dessus qui chante et danse comme une cabri au dessus de ma tête. 
 
C'est lui qui doit taper sur des djembés toute la nuit. Du coup le matin, il est fatigué, il se lève en retard, il a pas le temps de bouffer son petit dej', et il me fait chier dans les escaliers.
 
Il était habillé comme un étudiant des années 90, pantalon en velours, chaussures en daim, chemise à carreaux, légèrement démodée.
 
Si c'est lui le mec de la folle, c'est bizarre, parce qu'elle, hormis le fait d'être folle, elle est mignonne.
 
Une fois, elle m'a laissé un mot pour savoir si des cambrioleurs n'étaient pas passés chez moi, pour aller cambrioler chez elle qui habite au dessus de chez moi. Elle avait une théorie sur des cambrioleurs qui sautent de balcon en balcon.
 
Une folle je vous dis.
 
Elle avait laissé un mot alors j'étais monté lui dire que sa théorie ne tenait pas la route ni le balcon. A moins que les cambrioleurs soient aussi Yamakasi. Là, peut-être oui, ça se pouvait.
 
Elle m'avait ouvert en peignoir, l'eau encore ruisselante sur la figure. Je me suis excusé de la déranger, ai fait mine de partir et elle m'a retenu pour me poser la question la plus improbable de tous les temps. "Vous m'entendez danser quand je saute?" et elle s'était mise à sauter devant mes yeux comme une enfant qui ferait un caprice parce qu'on lui interdit de manger son pain au chocolat en courant.
 
Je l'ai quittée en me faisant cette conclusion qui n'appelait aucune forme de contradiction : celle là, elle est bien tarée.
 
Et bien le gars qui courait dans l'escalier avec son pain au chocolat, je sens que c'est son mec.
 
Je suis entré dans ma voiture et j'ai filé au travail.
 
Le lendemain, avant de pousser la porte de la cage d'escalier, j'ai regardé si c'était allumé.
Parce que je me dis que quand même, autant on peut courir dans les escaliers, autant on peut en même temps manger un pain au chocolat, mais je n'accepterai pas qu'on fasse tout ça dans le noir par dessus le marché...
 
Sauf si on est le petit ami de la folle...

 

 

 

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Published by Guillermo - dans Vie quotidienne
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