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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 22:50

Aurai-je créé la surprise générale en n'évoquant pas les frasques diverses et variées de notre cher Président?

Aurai-je démoli cette tendance, ancrée en moi, de rire de l'actualité et de mettre en lumière les travers de notre société?

Aurai-je manqué à mon devoir de polémiste gratiné et de second degré (les mauvaises langues diront de seconde zone) ?

Peut-être, sans doute, certainement...

Mais ce n'est pas ma faute. J'ai été élevé à un rang supérieur. Et non je ne suis pas en train de choper un boulard plus gros que celui de Hanouna et Morandini réunis (je l'aime bien Cyril, mais des fois il abuse, et il faut le dire).

Non, je me contente juste de vous expliquer pourquoi les escapades nocturnes et matinales de François, fort généreux en croissants, par ailleurs, ne m'intéressent guère. Tout du moins ici. Parce que dans mon for intérieur, je me suis passionné du sujet. François, Valérie, Julie et Ségolène. Mes nouvelles idoles du XXIème siècle.

Mais je n'avais pas envie de débattre sur la vie sexuelle de mon Président, on ne sait jamais. Je ne voudrai pas être interdit de blog par Manuel Valls. Les temps sont durs! Et puis, je vous l'ai dit, j'ai changé.

On m'a changé plutôt. 

J'ai rencontré la culture. La vraie.

Celle qui ne flirte ni avec Closer, ni avec le blog de Morandini (je me rends compte que ça fait deux fois que je le cite, pas forcément en bien, alors que je n'ai rien contre lui. Si ce n'est que parfois il vire un peu trop dans le sensationnel et le voyeurisme, mais son blog reste une référence pour moi! Soyons clair!)

Je vous sens appâtés par l'info, haletant à l'idée de connaître mon secret.

Qui a pu me mettre autant en émoi intellectuellement?

Qui a pu me fâcher avec un sujet en or tel que Hollande chevauchant un scooter en plein Paris pour aller retrouver sa belle dans son château fort?

Et bien voici venu le moment de tout balancer.

J'ai rencontré un génie. Un vrai. Pas comme dans les contes des mille et une nuits. Il n'a pas été nécessaire de frotter une quelconque lampe en or ni de prononcer une vulgaire formule magique. Non, il m'a juste suffit d'avoir d'extraordinaires amies.

De celles qu'on sait précieuses et irremplaçables.

Car, voyez-vous, j'ai fêté en catimini mon anniversaire, il y a de cela quelques semaines (je veux dire par là, que non, je ne l'ai pas fêté du tout). Non pas par peur de vieillir ou je ne sais quel autre argument psychologique mesquin et inavouable, mais juste, parce qu'avec le temps, j'aime de moins en moins ça, fêter mon anniversaire. J'ai même effacé toute trace de cette date fatidique sur mes pages de réseaux sociaux. Mais les vrais amis y pensent quand même, et certains d'entre eux prennent même un malin plaisir à m'offrir des cadeaux.

Et cette année, j'ai reçu un très beau cadeau. Quelque chose dont je rêve depuis bien longtemps sans jamais pouvoir vraiment me l'offrir. Par faute de temps, de contrainte géographique et parce que dans la vie, parfois, on fait pas toujours ce qu'on veut!

J'ai toujours eu dans la tête cette envie (non encore exaucée jusqu'à il y a peu) de voir Luchini sur scène. Fabrice Luchini est pour moi un véritable génie. Mais je ne l'avais jamais encore approché de près. Je veux dire, je le connaissais par écran interposé, à travers des films, des interviews télé, des chansons reprises durant ses crises de nerfs. Et je rêvais d'assister à un de ses spectacles.

Donc, maintenant, si vous n'êtes pas trop cons, vous avez compris que deux de mes fabuleux amis m'ont offert des places pour aller le voir.

Sauf que sur le papier, c'était pas le plus poilant des spectacles de Luchini.

Titre du spectacle : "Fabrice Luchini lit Céline". Pas vraiment engageant de prime abord.

http://www.theatre-antoine.com/archives/celine/images/celine.jpg

Mais comme c'est un cadeau, ça ne se refuse pas. Et comme c'était censé être une surprise jusqu'au dernier moment, je ne pouvais pas chipoter (oui, parce que j'ai le don pour deviner les surprises bien avant qu'elles arrivent...).

Et comme c'était Fabrice Luchini sur scène, je sautais de joie sur place, qu'il lise Céline, Balzac ou Loana, c'était bien peu important.

Et puis je n'avais jamais lu Céline, alors que Luchini le lise pour moi, c'était un honneur. 

J'étais donc tout excité, comme une ado boutonneuse à qui on promet un concert des One Direction. 

Et ne laissons pas le suspens s'installer plus longtemps, j'ai été conquis, épaté, ébahi, stupéfait, baba!

D'abord le texte. Non pas lu, mais récité, interprété, avec un talent que je lui connaissais, mais que je découvrais de mes propres yeux, en direct, et à quelques centimètres de l'artiste (parce que oui, en plus mes amies ne se sont pas foutues de moi! Presque le 1er rang s'il vous plait).

Céline, dans la bouche de Luchini, n'a rien d'austère, de dur, d'âpre ou d'inaccessible. Céline devient pur, facile et agréable. Moi en sortant, je ne voulais qu'une seule chose, c'est courir acheter "Voyage au bout de la nuit" et dévorer l'oeuvre jusqu'à la dernière page (d'ailleurs, il faut vraiment que je l'achète).

Et puis il y a le cours magistral de littérature, parce que oui, j'ai eu l'impression de prendre un cours. Mais tellement loin de ceux de terminale, avec une prof qui aime profondément lire mais sans savoir pourquoi et sans parvenir à nous le transmettre.

Lui, il arrivait à me passionner. Il arrivait à me faire comprendre pourquoi, lui, avait une telle passion pour Céline et pour son chef d'oeuvre.

Oui c'est vrai, j'avais presque l'impression d'être intelligent... par procuration. J'aurai tellement aimé avoir un professeur comme lui...

Et puis il y a les digressions majestueuses, celles qu'on attend malgré nous, même si on sait que le spectacle ne s'y prête pas. Et elles arrivent, à point nommé, quand d'autres les feraient tomber comme des cheveux sur la soupe.

Et puis il y a l'artiste. Dans toute sa splendeur. L'artiste qui, malgré une voix un peu enraillée, malgré une fatigue dissimulée mais pas totalement cachée, se livre au jeu de la scène.

Comment retranscrire ici l'admiration décuplée que j'ai eu pour cet homme à chaque seconde de la représentation?

Je n'ai pas encore lu Céline, mais on a lu Céline pour moi.

Luchini a lu Céline pour moi... Et pour les 799 autres spectateurs présents ce soir là au théâtre Antoine. 

Alors que voulez-vous, après ça, je n'ai pas tellement envie de me vautrer dans le libertinage et les incartades présidentielles...








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Published by Guillermo - dans Théâtre
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