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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 13:40
Chers admirateurs (il doit bien y en avoir un ou deux tout de même), lecteurs ou simples visiteurs, il faut que je recadre deux trois choses avant de commencer.
 
Tout d'abord, il faut que vous sachiez que pour moi, Francis Cabrel c'est un peu le Star Wars des geeks, le Précieux de Gollum, le Sanglier d'Obelix, les Reliques de Jésus pour les croisés des siècles moyenâgeux. J'en fait des tonnes, mais Francis Cabrel c'est un peu mon institution à moi.
 
Je ne suis pas une groupie hystérique (déjà je suis un mec) qui suivrait son idole aux 4 coins du globe en espérant, un regard, un sourire, un geste de la main...
 
Je ne suis pas non plus le fan absolu et inquiétant qui pense tout connaître de Francis, son enfance, ses amours, ses amis, ses emmerdes.
 
 
Je suis juste un mec qui écoute depuis (presque) toujours ses chansons, et qui admire vraiment beaucoup son talent, son travail aussi, sa voix, ses mélodies et ses textes.
Bon oui, c'est un peu un Dieu de la chanson française. J'avoue je suis conquis...
Je connais ses chansons par cœur aussi (je plaide coupable)
 
Toujours est-il qu'en 32 ans, je ne me suis jamais jeté sous les roues de sa voiture pour un autographe, ça devrait compter ça aussi non?
 
Et comme tout fan qui se respecte, j'ai été dans les premiers à acheter mes places pour sa nouvelle tournée.
 
Une nouvelle tournée de Francis Cabrel, c'est pas si fréquent. 7 ans depuis la dernière...
Moi je l'ai vu déjà quelques fois. Dés qu'il passe par chez moi. La première fois j'avais 16 ans. J'étais allé avec une copine du Lycée. Premier vrai concert de ma vie. Subjugué j'étais...
Et puis ensuite, une fois tous les 4 ans, au rythme de ses albums.
Et la dernière fois, pour dire la vérité, j'avais été un peu déçu... Peut-être les circonstances du moment, je ne sais pas, mais j'avais aimé sans plus.
 
Sauf que 7 ans après, il m'avait fait languir le mec, alors j'ai pas longtemps hésité.
Soyons honnête, dans la situation actuelle de ma vie, et aussi de l'ambiance générale de la société, un concert de Cabrel, c'est une bouffée d'oxygène quoiqu'on en dise, et j'en avais sacrément besoin, moi, de cette énergie là.
 
 
Je me suis installé avec mes amies sur mon siège, impatient d'entendre le son de sa voix.
Je peux vous dire que sa voix, je l'ai bien entendue. Claire, aiguë, fragile et touchante.
Comme un ingénieur du son qui aurait oublié de régler les dernières cordes de guitare, il est arrivé sur scène avec ses musiciens. Simple sous les bravos et les acclamations.
Il a salué l'assistance et le concert a commencé.
Jazzy, épuré, retravaillé, parfait.
Francis Cabrel a changé de musiciens (en partie) a pris des chœurs avec lui, et a énormément travaillé ses chansons.
Au final, le résultat est saisissant. On redécouvre les textes, on tremble au son de la voix, et on se laisse aller par la nouvelle musicalité.
Et puis Francis sait aussi que le public aime quand il se livre seul dans l'arène avec sa guitare. L'homme dans sa plus grande simplicité. Un peu comme si il venait à la maison faire un bœuf.
Et le bœuf fait mouche.
 
Autant vous le dire tout de suite, il a chanté toutes les chansons que l'on attendait (bon pour moi ,en tant que fan de la première heure, il en manquait quelques unes, de celles qu'il ne chante jamais parce que trop peu connue). Mais les plus belles étaient là.
Et puis Francis est assez généreux sur scène. Il parle peu, danse un peu, ironise beaucoup et surtout n'accepte pas le côté "star" de son métier. Les applaudissements le touchent, mais il n'en demande pas. N'hésitant pas à dérouler le concert alors que le public l'acclame encore pour la chanson qu'il vient de terminer.
Vous avez compris, j'ai été conquis (comme si je ne l'étais pas déjà) et surtout, nous avons eu droit à une chanson a capela de la part de l'artiste. C'est là qu'il m'a le plus bluffé. Cette voix que j'ai tant aimé, tant écouté, tant adoré, j'avais l'impression de l'avoir que pour moi dans l'immensité du zénith.
Et puis, parce qu'on ne peut pas non plus faire des concerts de 24h, les lumières se sont rallumées et il était temps de rentrer à la maison.
 
A cet instant précis, je regagne généralement ma voiture et je pars, le cœur léger et l'esprit apaisé. Normalement on attend un peu que les bouchons s'estompent, et que le trafic reprenne une dimension normale. Et on part.
Sauf que là, partir, on ne pouvait pas. Des barrières avaient été installées devant ma voiture (derrière, un fossé m'empêchait de regagner la "casa" sans me prendre pour Starsky et Hutch) et des vigiles veillaient gentiment à ce que je ne les enlève pas.
 
Après une forte réflexion dans le froid, je me suis dit que ce n'était pas vraiment normal des barrières à cet endroit là du parking, et que surtout les fans qui venaient se placer derrière elles ne le faisaient pas pour prendre un bol d'air frais en plein mois de décembre.
Alors j'ai compris que peut-être, pour la première fois de ma vie, j'allais croiser mon idole.
Je peux pas vraiment expliquer ce qu'il s'est passé dans ma tête. Une cascade de sensation, une petite voix qui me répétait un seul mot "putain, putain, putain" et une autre qui me refroidissait "bon c'est pas non plus la folie, ce n'est QUE Francis Cabrel, un mec comme toi et moi" ( oui dans ma tête je pense qu'on est deux, moi et mon esprit).
 
Et puis j'ai réalisé que j'avais un album (le dernier) dans la voiture. Alors là, je me suis dit, c'est obligé, je dois lui faire signer. Parce qu'autant, un gribouillis sur une feuille de papier, ça ne m'intéresse pas, autant un album de Francis dédicacé, c'est mon plus beau cadeau de Noël.
J'ai attendu accoudé sur la barrière, mon album et mon stylo à la main, jusqu'au moment où une voiture est venue faire demi-tour devant les grilles.
 
F. Cabrel en est sorti, toujours aussi simplement (en même temps comment sortir d'une voiture autrement qu'en ouvrant la porte et descendre?). Et il est venu à la rencontre des quelques personnes venues l'attendre.
Il a pas beaucoup parlé. Il a signé chaque petits bouts de papiers tendus, une guitare, et mon album.
Moi je lui ai dit tout le bien que je pensais de lui, de ses chansons et du concert qu'il venait de nous offrir.
Je suis passé pour un con très certainement, répétant les mêmes mots qu'il a l'habitude d'entendre depuis toujours, les mêmes remerciements, les mêmes banalités. Mais la raison avait quitté mon corps, et je ne savais plus quoi lui dire.
 
Si j'avais été un peu moins bête, il aurait su que depuis que j'ai 10 ans j'apprends ses chansons, ses textes, ses musiques. Que dans ma voiture, il y a souvent sa voix qui m'accompagne. Que quand ça ne va pas très fort, une chanson de lui me permet de reprendre plus de force et de vitamine qu’après un citron pressé.
Il aurait su que de le rencontrer là, par hasard, sans rechercher à en faire un Dieu, ni vouloir me faire remarquer, il venait de réaliser un rêve que je n'avais jamais vraiment exprimé. Que je ne m'étais même jamais avoué.
 
Le destin, ou le hasard, m'a fait ce jour là, croiser pendant deux minutes trente, le temps d'une chanson, celui que je considère depuis mon enfance comme le plus grand auteur compositeur interprète français. Un poète et un artiste bien humble qui ne s'avouera sans doute jamais qu'il est capable d'apporter autant de sensibilité, de bonheur et d'émotions à son public.
 
Et c'est mieux comme ça...

 

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Published by Guillermo - dans Musique
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