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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 12:36

Cher Robin...

J'ai laissé passer un peu de temps avant de t'adresser ces quelques mots. Je ne voulais pas qu'on me targue de profiter du décès d'une forte personnalité pour faire ma propre publicité.

Je te tutoie parce que je te connais bien, même si toi, tu n'as jamais entendu parler de moi. Et aussi parce que, quand on y réfléchit bien, c'est dans ta culture de tutoyer tout le monde.

La dernière fois que je t'ai vu, c'était dans un film extrêmement bien réussi, Le Majordome, où ta seule apparition m'avait décroché un sourire, et ce malgré le rôle sérieux que tu y campais. C'était ça que j'aimais chez toi, cette facilité à amuser les gens, à leur montrer que dans la vie, il suffit de petits riens pour aller un peu mieux. C'était là ton talent (ou devrais-je dire, un de tes talents).

Lorsque j'ai appris ton décès, il était tard, je rentrais de soirée, et je me reposais avant d'aller au lit (oui, chose bizarre que de sentir le besoin de se poser un peu avant d'aller s'endormir pour la nuit entière). L'annonce de ta disparition a fait boule de neige sur l'ensemble des réseaux sociaux, bien avant d'être accaparée par les sites d'information et les chaines thématiques. Tu te rends compte que I-Télé n'a même pas daigné sortir un bandeau au milieu de la nuit pour prévenir les français qu'un des plus grands acteurs au monde était parti...

Moi j'ai pas été très surpris parce que je savais que tu n'étais pas non plus au top de ta forme. J'avais entendu des rumeurs ici et là.

Mais quand même, le choc était réel.

Alors en un instant, tous tes personnages se sont bousculés dans ma tête. Je les ai vus défiler et avec eux mes souvenirs qui y étaient reliés. Tu avais posé dans ma mémoire des petites pierres blanches, pleine d'émotion, que ce soit du rire ou des larmes, et aujourd'hui, ces pierres implosaient dans mon cerveau, tristes de se retrouver comme orphelines.

Jumanji, Le Cercle Des Poètes Disparus, Hook, Good Morning Viet-Nam et mes deux préférés, Madame Doubtfire parce que je me souviens d'être allé au cinéma pour une des premières fois de ma vie avec mes parents et mon frère, et d'avoir tellement ri aux éclats face à tes facéties, et Photo Obsession parce que ton talent de comédien éclatait véritablement dans toute sa palette, et que ta transformation aussi bien physique que intellectuelle te faisait entrer (si ce n'était déjà pas le cas) dans le cercle très fermé des meilleurs acteurs au monde.

Mon enfance venait d'en prendre un coup.

J'avais déjà perdu Thierry Redler quelques jours auparavant, on peut dire que vieillir n'était pas toujours une bonne chose.

Et puis il y a eu l'annonce de ton suicide.

Comme si une mauvaise nouvelle ne suffisait pas. Voilà que j'apprenais, que c'était un mal-être totalement personnel, insondable et tragique qui était à l'origine de ton départ. Moi qui commençais à ne plus me fier au monde et à la vie...

Que peut-on dire d'un monde où Robin Williams se suicide ?

Que peut-on espérer d'une vie où des gens comme toi, véritable pilier de la bonne humeur, des blagues incessantes sur Tweeter et ailleurs, instigateurs de fous rires et autres cascades de musculation de zygomatiques décident de s'en aller ?

Je ne juge pas ton geste, comment le pourrai-je ? Je ne connais pas ta vie, ton enfance, tes humeurs, ni même ce que tu buvais le matin en te réveillant.

Je me questionne juste sur la difficulté de surmonter le quotidien pour nous autres, pauvres enfants tristes, quand toi, clown international n'arrive pas à te distraire yourself.

Sans doute l'éternelle histoire du clown triste qui après avoir répandu des litres de joie un peu partout, se retrouve tout seul dans le silence et l'ennui.

Il aurait fallu que tu connaisses un mec comme Robin Williams. Il t'aurait, je pense, sorti de ta morosité et apporté beaucoup de joie de vivre.

Crois moi, je sais de qui je parle...

Il me suffit d'apercevoir son visage et son petit sourire en coin pour me sentir un peu plus serein et prêt à affronter le quotidien et la routine. Dire que tu pouvais l'avoir sous les yeux à tout moment...

Quoiqu'il en soit, ainsi va la vie, et si je ne peux t'en vouloir d'être mal dans ta peau, je peux te remercier officiellement pour avoir mis du baume sur la mienne parfois.

Merci Robin, et sans flagornerie aucune, tu vas me manquer...

 

 

 

 

 

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Published by Guillermo - dans Lettre ouverte à...
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