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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 00:09
Je me suis levé avec un nœud à l'estomac.
 
Mais un nœud style bite d'amarrage (aucune vulgarité ici, mais grosse déception pour pas mal d'obsédés de la braguette qui ont tapé "bite" sur google et sont arrivés ici la bave au coin des lèvres).
 
La gorge serrée, les mains moites et la langue pâteuse (je parle de moi pas des obsédés précédemment cités), je suis sorti du lit, hagard, et sans vraiment avoir envie de quoi que ce soit...
 
J'ai erré quelques secondes dans ma salle de bain et j'ai observé mon visage.
 
Les premières attaques étaient visibles. Des cernes naissaient au coin des yeux, si on regardait bien. Quelques poils blancs apparaissaient dans ma barbe. Même dans mes cheveux...
 
J'étais foutu... Pour sûr...
 
Je me suis souvenu que le mois dernier, j'avais mis 1 minute 03 à gravir les escaliers de ma résidence alors qu'avant je mettais 1 minute 02.
 
Je me suis pris le pouls et il paraissait normal.... c'est fou comme la maladie peut être traître...
 
Pourtant, maintenant, je ne pouvais plus fermer les yeux. Déjà parce que c'est difficile de vivre les yeux fermés sans se cogner la gueule partout, mais surtout parce que la sentence était tombée. Je ne devais plus manger de merguez durant les barbecues estivaux.
 
Tout mais pas ça... Je vous en conjure messieurs de l'OMS...
 
J'étais prêt à pas mal de concessions, écouter Louane à fonds dans ma voiture, dire que le Portugal est un pays bien plus agréable que l'Espagne, apprendre l'allemand et dire que c'est la plus belle langue du monde, regarder NRJ 12 pendant toute une journée non stop.... Mais pas arrêter la merguez...
 
Surtout si on pouvait même plus se rabattre sur le jambon... En fait on pouvait se rabattre sur pratiquement rien.
 
Le lait, les œufs, le savon et le pétrole, rien n'est bon à ingérer. Surtout pas le pétrole d'ailleurs.
 
J'ai continué à errer dans mon appartement, à la recherche d'un nouveau sens à donner à ma vie...
Je me suis dit que je vivais trop dangereusement, qu'il fallait que je fasse attention parce que je flirtais avec la mort à chaque instant.
 
J'ai regardé la composition de mon dentifrice, j'ai failli vaciller. Je ne me laverai plus jamais les dents, ni aucune autre partie de mon corps. Trop risqué d'être propre...
 
J'ai ouvert mon frigo, un grand frisson a parcouru mon échine. Faut dire que mon frigo est particulièrement frais... J'ai jeté un œil à ce que j'avais à l'intérieur, j'ai décidé de balancer mon frigo par dessus le balcon... Une bombe à retardement...
 
Mon placard n'abritait pas de produits beaucoup plus sains...
 
Je me suis dit qu'il fallait que je quitte cet appartement au plus vite. Je ne pouvais plus y vivre, ni respirer l'air contaminé qui s'y trouvait...
 
J'ai pris quelques affaires. Puis je me suis ravisé. La plupart de mes vêtements (pour ne pas dire tous) étaient imbibés de produits néfastes à mon épanouissement.
 
Je suis sorti tout nu et je me suis mis à courir dans la rue. Puis je me suis souvenu que courir pouvait accélérer le rythme cardiaque et favoriser les infarctus. J'ai ralenti et j'ai marché au pas.
 
J'ai évité les gens, non pas par honte de mon anatomie, mais plutôt par peur d'attraper leurs miasmes.
 
Je me suis réfugié au milieu des plantes, dans un fourré feuillu. J'ai senti quelqu'un me caresser la jambe, j'ai eu peur du sida. En fait, c'était un pauvre homme qui m'offrait une bière, mais déjà, je sentais la cirrhose frapper à ma porte...
 
Je me suis tapé la tête contre un mur mais j'ai lu quelque part qu'un choc trop fort pouvait favoriser les AVC.
 
Et puis j'ai trouvé la solution. L’illumination divine.
 
J'ai rassemblé mes esprits, et fier de moi, j'ai arpenté la ville en proférant la bonne nouvelle.
 
Je savais exactement comment éviter tout ça.
 
Pour affronter les obstacles de la vie sans danger, et pour dire fièrement merde à toutes les maladies du monde, à toutes les allergies, à tous les produits qui n'existent que pour foutre en l'air mon pauvre petit corps, il ne me restait qu'une chose à faire...
 
J'allais gagner la bataille.
 
Pour ne mourir de rien, j'allais mettre fin à mes jours.
 
Alors la vie, c'est qui qui a gagné ?
 
Ah ben non, c'est pas moi...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Guillermo - dans Société
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